Daguerrotype

Agnes Varda prend en photo l'atelier des sculpteurs et Zadkine dit quelque chose sur notre plasticité face aux expériences et la nécessité pour ceux qui créent de s'y soumettre. Alors d'un coup je suis deux ans (trois !?) plus neuve et ma forme n'est pas exactement la même, je suis seule dans ce petit jardin secret et je viens de me remettre à écrire après une tempête. Un homme tout droit et tout poli m'a surprise en ouvrant une des portes vitrées de ce qui est maintenant un musée. Il m'avait demandé si j'écrivais un roman, et je lui avais sûrement souri grand. Il a dit: "Je vous ai vue vous installer", et quand je suis partie, ces quelques mots avaient tissé une complicité entre nous, puisque si j'étais installée c'était qu'il avait su m'accueillir. Il m'a dit "courrez" quand j'ai montré le ciel orageux pour excuser mon départ, et puis "à bientôt", puisqu'il avait compris que je reviendrai. C'est dans cet après-midi de juillet en plein milieu du musée Zadkine que j'ai compris que je ne resterai pas à Paris, et le lendemain j'en étais certaine et libre, même si je savais que c'était dire au revoir à quelqu'un. Plus loin sur le sentier, Zadkine est revenu me dire que nous étions faits du même bois biélorusse, que comme Chagall qui me fascinait il était né à Vitebsk qui sera une prochaine étape.

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